Nov 16, 2014
Zelgius

Silent Hill 1 : une envie d’avoir peur ?

jaquette Silent Hill 1
Alors que la Playstation première du nom accumula de nombreux hits comme Suikoden ou encore Metal Gear Solid, il était temps pour Konami d’essayer de lancer une toute nouvelle franchise qui rejoindrait le panthéon des meilleurs jeux de la console. C’est donc du côté de l’horreur que Konami décide de se lancer, mais un défi de taille attend les équipes : celle de « concurrencer » un jeu bien ancré parmi les joueurs et qui répond au nom de Resident Evil mais également d’Alone In The Dark qui a largement contribué au genre. Avec un Resident Evil 2 qui s’est pratiquement écoulé à presque 5 millions d’exemplaires et un Alone In The Dark ancré dans le cœur de pas mal de joueurs, le fait de proposer un autre jeu d’horreur qui serait aussi bon serait un exercice assez difficile. C’est pourquoi Konami a souhaité apporter une approche différente par rapport à la licence de Capcom et qui répondrait au doux nom de Silent Hill. Reste à savoir si Konami a su percer dans le genre avec ce tout nouveau jeu d’horreur.

Une ville bien charmante

Si développer un jeu est une première étape, le faire connaître en est une autre. C’est pour cette raison que les jeux Playstation avaient le droit à une version démo trouvable dans les magazines ou bien encore dans des jeux complets (comme ce fut le cas avec Point Blank dans la version Platinum de Tekken 2). C’est donc la seconde solution que choisit dans un premier temps Konami en incluant une démo de Silent Hill dans une de leurs productions et pas n’importe laquelle : il s’agissait entre autres du célèbre Metal Gear Solid qui allait s’écouler à des millions d’exemplaires. Une belle promotion donc pour Silent Hill qui en aura bien besoin face à Resident Evil qui ne cesse de croitre dans le cœur des joueurs. Vient ensuite un autre étape : celle de convaincre les joueurs à s’intéresser à Silent Hill. C’est ainsi que la démo se déroulait en deux temps : la première se déroulant tout au début du jeu afin de découvrir l’atmosphère angoissante et l’autre partie où le gameplay était mieux mis en avant et nous faisait découvrir l’école et ses énigmes.

 

 

Where am I ?

Where am I ?

Je me rappelle encore de cette démo où moi et deux amis découvrions le jeu. L’un d’eux pointait un joli « ho, le gars il court » durant le chargement (une « you don’t say » dont on s’amusait à ressortir pour le charrier) et le second qui me lança la manette entre mes mains par peur des monstres qui rodaient dans l’école et qui fonçaient vers lui. Moi-même fut très impressionné par l’ambiance lorsque je testais les deux parties de la démo (mais ça, j’en parle après). Une chose est sûre : la démo nous avait largement convaincus et on était persuadé que le jeu allait gagner en popularité. Cependant, aucun d’entre nous n’avait mis la main sur un exemplaire.

 

Silent-hill-exploration

C’est bien trop calme

Après une introduction sur une musique qui fera partie des morceaux cultes du jeu vidéo, nous sommes plongés dans une ville calme, angoissante et couverte d’un épais brouillard. On y incarne Harry Mason, un écrivain qui est parti prendre des vacances à Silent Hill en compagnie de sa fille adoptive Cheryl. Cependant, ce dernier va faire un accident et se retrouvera mystérieusement coincé dans la ville brumeuse de Silent Hill. Très inquiet pour sa fille, Harry part à sa recherche avant de la croiser dans un carrefour où cette dernière s’enfuit mystérieusement. C’est en la poursuivant que ce dernier se retrouvera dans une ruelle sombre remplit de cadavres et de monstres. Sans pouvoir faire quoi que ce soit, Harry tombera inconscient sous l’attaque des monstres, mais se réveillera dans un bar, secouru par Cybil, une policière d’une ville voisine. Cependant, après le départ de Cybil, ce dernier se fera attaquer par un monstre volant. Harry en est sûr : ce n’était pas un rêve et il devra lutter pour retrouver Cheryl dans une ville maudite. Plusieurs questions vont alors tarauder le joueur tout au long de son périple : pourquoi cette ville est maudite ? Pourquoi Cheryl s’est elle enfuie et surtout comment sortir de ce cauchemar sans fin ? Un scénario très prenant vous attend avec de nombreuses anecdotes qui font de Silent Hill un univers bien mystérieux et libre aux interprétations (et qui se confirmera par ses suites).

 

Une destination de rêve

 

En débutant le jeu, on plonge directement dans une atmosphère angoissante. Au fur et à mesure que l’on avance dans les recoins sombres, la musique devient de plus en plus angoissante jusqu’à tomber nez à nez contre des entités dans un climat malsain. Le ton est donné : le jeu utilise un certain penchant psychologique où le joueur sera toujours sur le qui-vive et assistera à la lutte de chaque protagoniste contre leurs propres peurs.

Le ton est donné

Pour forcer le joueur à sombrer un peu plus dans l’angoisse, Silent Hill opte pour 3 ambiances différentes : la première où le joueur est exposé au jour accompagné d’un épais brouillard et de la neige avec quelques monstres : une période calme avant de pousser tout droit le joueur dans la psychose. La deuxième ambiance plonge le joueur dans une ville totalement obscure où les monstres, plus nombreux, seront sans pitié. La troisième, plus particulière, emmène le joueur dans une dimension parallèle dont les décors changent brutalement en une sorte de prison, ponctués avec des éléments bizarres comme des chaises roulantes et lits d’hôpital un peu partout. Ici, il vous faudra lutter contre un gros monstre et attendre la fameuse « sonnerie » pour se réveiller de ce cauchemar. Rajouté à cela une musique effrayante et des bruits angoissants signés Akira Yamaoka, un compositeur de talent qui se démarquera de par ses nombreuses compositions devenues cultes dans les autres épisodes de Silent Hill. Vous l’aurez sûrement compris : on est toujours sous l’angoisse d’une quelconque attaque et la peur est omni-présente parmi le joueur : défi réussi donc pour Konami.

 

Silent-hill-cybil

En bonne compagnie

Il faut tout de même savoir que le jeu s’inspire de deux grandes œuvres : The Mist de Stephen King pour la ville plongée sous le brouillard et les monstres et le film l’échelle de Jacob pour les dimensions parallèles où la question se pose si tout se passe dans la tête du personnage où si tout ceci est bien réel (si vous avez vu le film et fini le jeu avec la mauvaise fin, vous allez tout de suite comprendre). Une combinaison plus que réussie qui plonge immédiatement le joueur dans l’horreur. Bien sûr, Konami en a profité pour placer quelques références à des films cultes (des affiches de films comme Carrie ou Shining) voire même des scènes (mais ceci rentre dans le domaine du spoil). Et que serait un jeu d’horreur sans sa part d’énigme ? Là aussi on a le droit à des énigmes plus retorses que Resident Evil où il s’agit plus que de l’appui sur de simples boutons ou de placer les bons objets. Par exemple, vous devez faire preuve de logique en essayant de deviner le fonctionnement d’un piano à partir d’une poésie. Et il va falloir travailler ses méninges tant les énigmes sont retorses : un bon point donc.

 

Silent-Hill-enigme-piano

L’énigme du piano : un classique

 

En bonne compagnie

Mais que serait un Silent Hill sans son bestiaire ? Ici, nous avons le droit à un bestiaire varié : chiens, zombies-like, ennemis volants, gorilles, etc. sans oublier les boss avec quelques points faibles comme un genre de dinosaure, un ver de terre géant, une sorte de papillon gargantuesque. Chaque monstre possède ses propres faiblesses. Par exemple, vous devriez entre autres courir vers les murs pour éviter un maximum d’attaques des monstres volants ou encore éteindre votre lampe torche pour embrouiller la vue de certains ennemis et les attaquer à votre avantage. Bien que peu nombreux, les ennemis vous donneront du fil à retordre. Anecdote : si vous jouez à la version américaine, vous ne trouverez pas les mêmes ennemis dans l’école pour une question de censure (dans le sens où les ennemis font vraiment penser à des enfants armés d’un couteau).

 

La fameuse dimension parallèle

La fameuse dimension parallèle

 

Pour ce qui est du gameplay, on adopte pratiquement un gameplay proche de Resident Evil mais cette fois-ci, la caméra se met derrière le personnage. Question armement, vous aurez le droit à de nombreuses armes blanches (tuyau, hache, etc.) et seulement quelques armes à feu comme le pistolet ou le fusil. Il sera nécessaire d’alterner entre les deux afin d’économiser un maximum de munitions pour abattre des groupes de monstres car ces derniers peuvent vous toucher assez facilement et il vous suffira de quelques dégâts pour que votre vie soit dans le rouge. S’il y a bien un point noir à noter, c’est le système de visée et de ciblage qui peut poser problème. Par exemple, lorsque votre personnage a affaire à deux monstres, votre personnage peut cibler l’ennemi au plus loin alors que vous souhaitez viser le monstre le plus près. La fuite est donc une solution très utilisée pour éviter de gaspiller des munitions et conserver sa vie.

 

Silent-Hill-Harry

Tu veux un biscuit ?

Il y a tant de choses à dire sur l’univers de Silent Hill mais le principal pari de Konami est plus que réussi à savoir proposer une véritable « alternative » à l’univers de Resident Evil. Ici, la peur et véritable peur est bien présente et on ne cesse d’être angoissé à chaque minute tant l’univers du jeu plonge le joueur dans l’obscurité la plus totale et dans des univers malsains. Je pourrais encore parler des compositions d’Akira Yamaoka ou de l’histoire du jeu tant il y en a à dire. Le titre, sorti il y a plus de 10 ans, reste toujours une référence dans le jeu d’horreur et dans le jeu vidéo tout court et on reste toujours autant surpris par l’ambiance. Bien sûr, il vous faudra entre 5 à 10 heures de jeu pour en voir le bout et vous devrez finir le jeu plusieurs fois pour découvrir toutes les fins plus ou moins joyeuses (il y a en tout 5 fins dont une comique, car oui, faut bien déconner de temps à autres). En conclusion : Je vous conseille vivement de faire Silent Hill de par son ambiance, ses musiques, son histoire et bien d’autres.

 

Les + :
-L’univers et l’histoire du jeu
-Les musiques
-L’ambiance angoissante

Les – :
-Le système de ciblage
-Le dernier donjon, bien qu’original sur certains points, abuse un peu de copié-collé en terme de level-design

Note :
Je souhaite remercier Fabrice et Laurent pour les références ainsi que le site Silent Hill France qui est une mine d’informations sur le jeu avec quelques explications claires et détaillées sur l’univers du jeu. Il faut également savoir que le jeu est également disponible sur le PSN !

 

Lisa-garland

2 Comments

  • Joli article qui évoque à peu près tout ce qui est vraiment marquant dans cet univers que j’aime tellement *-*

    Juste une petite chose que tu aurais pu préciser mais qui en soit n’est pas très important : La ville elle même de Silent Hill est tirée d’une vraie ville, Centralia (Pennsylvanie), qui a été abandonnée par ses habitants suite à un incendie dans la mine de charbon, qui brule encore aujourd’hui (apparemment pour encore un moment ^^).
    En 2007 cette ville ne comptait plus que 9 habitants.

    Voilà voilà !! =D

  • Merci pour ton commentaire 🙂

    Effectivement, je ne savais pas pour Centralia mais comme précisé dans mon article, il y a tellement de choses à dire sur ce jeu qu’on pourrait en passer des heures à discuter ^^

    Merci de l’info en tout cas, j’ai appris une nouvelle chose sur cette franchise 🙂

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